Traditionnellement ancrés dans les plaines rizicoles du Vietnam, les rituels et jeux de tir à la corde constituent une composante majeure du patrimoine vivant des communautés rurales. Particulièrement présents dans la moyenne région, le delta du Fleuve Rouge et le Centre septentrional, considérés comme les terres ancestrales des Vietnamiens et le berceau de la riziculture, ces rassemblements festifs dépassent le cadre du simple divertissement. En s'inscrivant dans le calendrier des fêtes traditionnelles, cette pratique séculaire marque de manière concrète le commencement d’un nouveau cycle agricole et témoigne des liens profonds qui unissent les habitants à leur terroir.
Un jeu folklorique entre croyances spirituelles et exigences physiques

Une variante assise mettant en lumière la diversité des pratiques.
Le tir à la corde s'observe fréquemment lors des célébrations villageoises et se lie à diverses croyances spirituelles locales, l'objectif premier des communautés étant d'assurer des récoltes abondantes et la prospérité commune. Sur le plan pratique, l'activité exige une discipline rigoureuse, un sens aigu de l'effort collectif et la volonté de se surpasser. Le jeu fonctionne également comme un outil d'entraînement physique complet, sollicitant la force, l’endurance, la sagesse et la résilience des participants, tout en contribuant au développement de leur état d’esprit et de leurs compétences au quotidien.
La mise en œuvre du jeu révèle une grande diversité de pratiques selon les localités. Si la corde classique reste d'usage courant, certaines variantes régionales emploient une tige de rotang pour lier les équipes, tandis que d'autres versions se pratiquent en position assise, illustrant l'adaptabilité de cet héritage aux coutumes de chaque communauté. Pour les observateurs, la fin de la matinée, moment fort des festivités villageoises, représente souvent la période idéale de la journée pour assister à ces démonstrations de puissance collective et ressentir l'effervescence qui gagne alors les spectateurs.
Un outil de cohésion sociale et de reconnaissance internationale

Un moment de partage entre les équipes vietnamiennes et sud-coréennes
Au-delà de l'aspect compétitif, ces rituels agissent comme un puissant vecteur d'unité. Ils favorisent la solidarité sociale, renforcent le sentiment d’appartenance et consolident l’identité des membres d’un même village ou d'une même région. Cette dimension relationnelle s'étend parfois au-delà des frontières nationales, donnant lieu à des moments de partage et d'échanges interculturels, notamment lors de rencontres entre des équipes vietnamiennes et internationales, comme ce fut le cas lors de sessions conjointes organisées à Hanoï.
Cette importance sociologique et culturelle a franchi une étape décisive sur la scène mondiale. En 2015, les rituels et jeux de tir à la corde pratiqués au Vietnam, mais aussi au Cambodge, aux Philippines et en République de Corée, ont été officiellement inscrits par l’UNESCO sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance internationale confirme la valeur de ces dynamiques communautaires propres aux cultures rizicoles d’Asie de l’Est et du Sud-Est.
Conclusion
Le tir à la corde, au cœur des provinces du delta et du Centre septentrional, demeure un exemple de continuité culturelle où les impératifs de la vie agricole rencontrent le besoin de cohésion sociale. Des dalles des maisons communes jusqu'aux terrains de terre battue des villages, la préservation de ce patrimoine immatériel offre un aperçu factuel et mesuré des valeurs de solidarité et d'effort qui continuent de structurer le quotidien des campagnes vietnamiennes.
Photo: Khanh Hoa/VNA/CVN
Français
English
Español
Deutsch
Italia
Македонски
Български